Mon curriculum vitae : une carrière de socio-anthropologue.

Sociologue depuis 1983 au Centre National de la Recherche Scientifique, affectée jusqu'en 2000 au laboratoire de sociologie de la culture européenne, ESA 7043, associé à l'Université Marc Bloch, Strasbourg, puis chercheure attachée au centre d'anthropologie de Toulouse, EHESS, CNRS, devenu, en 2007, Centre d'anthropologie sociale – LISTT, je suis maintenant ????

  1. Mes premiers travaux scientifiques ont porté sur une approche anthropologique des usages de l’eau, de l'hygiène : du lavoir municipal à la machine à laver, le passage de l’espace public à l’espace privé.

  2. De l'eau à l'arbre, j'ai fait des recherches sur l'histoire, "l'identité" des forêts en Alsace-Moselle; puis d'une manière plus globale celle des paysages et de leurs représentations (lithographies, peintures, photographies).

  3. En parcourant les Vosges et ses forêts, l'Alsace entre France et Allemagne, je me suis interrogée sur les représentations et usages de la frontière : y-a-t-il une réalité dans la notion de culture de frontières ? Si les pratiques d'échanges frontaliers, les routes, les flux de travailleurs frontaliers et touristiques ont été examinés, un travail plus spécifique sur les paysages, leur histoire, leur portée symbolique et politique dans la constitution des identités nationales et régionales a permis d'analyser la catégorie du pittoresque comme une catégorie politique.
  4. Dans le cadre du groupe animé par Freddy Raphaël à la Maison des sciences de l'Homme de Strasbourg et en collaboration avec Anne Gotmann, (Ministère de l'équipement, ), j'ai participé à une réflexion sur les concepts de l'hospitalité et de l'accueil.
  5. A la demande du Ministère de la Culture (DRAC Alsace) j'ai rédigé un rapport relatif aux actions de développement culturel des quartiers, à la place des cultures musicales, graphiques et de danses, arts de la rue. Mon travail préalable d'enseignante durant une dizaine d'années auprès des jeunes en difficulté dans des Lycées d'enseignement professionnel m'a été un acquis précieux pour une approche compréhensive et une familiarité de ce milieu.
    Dans ce contexte j'ai étudié les pratiques artistiques sur les murs. Jai comparé les grafs, tags et fresques murales de nos villes à ceux de San Francisco et Philadelphie.
  6. Membre à Toulouse de l'UMR Diasporas, j'ai participé à la création de la revue Diasporas, Histoire et Sociétés dont j'ai été la rédactrice en chef de 2002 à 2006.

  7. Parallèlement dans le cadre de travaux sur les judaïsmes et les diasporas, j'ai conduit une enquête extensive sur les juifs de la vallée rhénane ayant migré dans les petites villes du Mississippi et à La Nouvelle Orléans et leur relation avec le monde noir à travers l’histoire du Sud des Etats-Unis.
    Cette enquête est présentée dans une thèse soutenue à l"université de Strasbourg le 24 novembre 2006 et un ouvrage : « Des berges du Rhin aux rives du Mississippi » (Ed. Michel Houdiard, 2009, réed.2010, disponible). 9. La version anglaise en a été traduite par Catherine Temerson. Je suis actuellement à la recherche d’un éditeur américain intéressé par cet ouvrage d’anthropologie sociale à large public.
  8. Depuis 2009, j’ai avec la collaboration de Jean Pierre Léon entrepris une enquête sur le refuge des familles juives en Cévennes pendant la guerre (1940-1944) en parallèle au travail des historiens, Patrick Cabanel et Philippe Joutard. Je m’interroge sur la mémoire du refuge, les silences de la mémoire et la notion de caméléon : aptitude des juifs à s’adapter à des environnements différents et en prendre les couleurs jusqu’à se convertir au milieu environnant. (voir les articles Causses et Cévennes, 2011, Plaquette Hommage aux habitants de Vialas et l’article soumis à Ethnologie française, en cours)
  9. Sous la direction de Chantal Bordes Benayoun, directrice de recherche au CNRS, je participe à l’élaboration d’un projet scientifique du réseau SAJ, socio-anthropologie des judaïsmes sur les modes d’appréhension du judaïsme contemporain.

Un certain nombre de mes travaux portent sur l’écriture autobiographique à travers le portrait d’une grand-mère juive et mes relations avec la langue allemande (cf. mon article "Avenue de la Forêt noire").